« S’installer dans le parc du château des Tilleuls, dans l’aura du musée Hébert, c’est accepter de laisser le lieu dicter sa propre partition. Pour ce projet, notre rôle n’a pas été de simplement bâtir, mais de nous laisser inspirer par « l’égérie » du site : cette atmosphère singulière où le temps semble suspendu entre les frondaisons centenaires et les murs chargés d’histoire.
Au cœur du jardin à l’anglaise, le château de style romantique italien arbore ses façades rose-orangé aux modénatures travaillées. Autour de cette figure historique, le projet neuf s’organise comme une composition équilibrée au sein d’un écrin végétal. Nous avons imaginé un « parc habité », où les façades aux teintes minérales et aux touches de briques ocre dialoguent avec la lumière changeante, telle une toile en perpétuelle évolution.
Les nouveaux bâtiments trouvent leur place avec justesse dans le site, en accompagnant la pente et en structurant des espaces ouverts. Leur écriture architecturale, sobre et maîtrisée, privilégie l’intégration au paysage et met en valeur la présence du végétal. Habiter ici, c’est inventer une nouvelle façon de vivre la ville, sans voiture, où le bitume s’efface au profit de sentiers paysagers. C’est un « sol vivant » qui s’offre à vous, une invitation à la flânerie, à la contemplation et à la biodiversité.
L’Égérie n’est pas seulement le nom d’une résidence, c’est une promesse de vie où chaque jour est une source d’inspiration, une harmonie parfaite entre le patrimoine historique et ce monde végétal si précieux pour notre avenir. »
Emilie Dieutegard
Aktis architecture
« Dans le sillage de L’Égérie, le paysage hérité du jardin à l’anglaise du château s’exprime à son tour, non comme un décor, mais comme une présence qui guide et relie. Le parc du château des Tilleuls porte en lui une mémoire végétale précieuse, héritée des grandes plantations du XIXe siècle.
Longtemps laissé en retrait, il s’est densifié, parfois fragilisé, mais n’a jamais perdu son essence. Notre regard s’est appuyé sur cette matière vivante pour en révéler les équilibres : préserver le cœur boisé à l’ouest, véritable refuge de biodiversité, redonner de la lisibilité aux espaces, et accompagner la renaissance du lieu sans jamais en altérer l’esprit. L’allée de tilleuls, restaurée et prolongée, devient une invitation, tandis que la prairie ouverte au sud redonne souffle et lumière à la maison, prolongeant le dialogue déjà engagé entre architecture et paysage.
Ici, le « parc habité » trouve tout son sens. Le sol se fait discret, perméable, presque silencieux ; les cheminements suivent les usages naturels, les stationnements s’effacent, et la végétation se déploie par strates, du sous-bois aux espaces ouverts. Rien n’est figé, tout évolue avec le temps : les feuillages filtrent la lumière et la chaleur, la prairie accompagne les saisons, la faune retrouve sa place.
Le paysage ne vient pas compléter l’architecture, il l’habite et la prolonge. Ensemble, ils composent une même harmonie, où le vivant devient le véritable fil conducteur, offrant aux habitants bien plus qu’un cadre : une expérience sensible, quotidienne, profondément ancrée dans la nature du lieu. »
Christelle Roche & Romain Grimaud
Aktis Architecture